LES CITOYENS DÉSIRENT ÊTRE ENTENDUS SUR LES QUESTIONS ENVIRONNEMENTALES
 

Une cinquantaine de participants se sont réunis, le 9 mai 2017, afin de discuter de leur vision de l’environnement pour Saint-Jean-sur-Richelieu. Voici les propos entendus lors de cette rencontre citoyenne. Ces notes incluent également les idées et commentaires reçus par courriel.

Changements climatiques et protection de la biodiversité

Pour les années à venir, la lutte aux changements climatiques et la protection de la biodiversité seront des défis importants pour la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les élus devront tenir compte de ces enjeux dans la prise de leurs décisions.

Il est primordial de protéger nos derniers boisés et milieux naturels, notamment ceux en milieux agricoles. Nos boisés, même les petits, démontrent encore, pour l’instant, une diversité assez riche d’espèces. Cependant, les milieux sont fragiles et il est essentiel de les protéger contre les activités humaines. Les zones tampons doivent également être protégées.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, les zones boisées ont été beaucoup trop fragmentées. La Ville doit conserver de grands ensembles naturels. Plusieurs grandes villes du monde, comme Paris, Londres, New York et Vienne, ont bâti de grands parcs pour assurer l’accès à la nature à ses citoyens. Il serait important que la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu prenne exemple sur ces villes et développe un projet de parc naturel régional de grande superficie.

Pour la protection de la biodiversité, il est aussi essentiel de maintenir et développer des liens entre les milieux naturels. L’ONU fixe à 17% le pourcentage du territoire qui devrait être conservé en milieux naturels. À Saint-Jean-sur-Richelieu, nous sommes présentement à environ 5% de notre territoire en milieux naturels.

À court et à moyen terme, il faut donc augmenter notre superficie de milieux naturels et diriger les projets de développement dans les zones non-boisées. À long terme, la protection des milieux naturels contribuera à la qualité de vie des citoyens, à l’attractivité de la ville et au développement économique de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Déforestation et Îlots de chaleur

Lors de la consultation organisée par la Ville en 2014 sur le plan de conservation, une pétition de plus de 5600 signatures avait été présentée pour exiger la conservation de tous les milieux naturels restants. Malheureusement, les citoyens n’ont pas été entendus. Les séances de consultation populaire de la Ville ont beaucoup déçu car les commentaires des citoyens ne sont jamais pris en compte.

Il reste tellement peu d’arbres à Saint-Jean-sur-Richelieu qu’il serait important de protéger toutes les aires boisées restantes. Selon l’avis de plusieurs médecins, la qualité de l’air est mauvaise à Saint-Jean-sur-Richelieu. Les arbres sont un élément primordial pour améliorer la situation.

La protection des arbres matures devrait s'étendre à ceux sur les terrains privés. Au-delà d'un certain âge ou diamètre, les arbres devraient être considérés comme faisant partie du patrimoine collectif.

La Ville devrait planter beaucoup d’arbres au centre-ville. Cela en ferait un milieu de vie plus intéressant et, contribuerait à diminuer les îlots de chaleur et à améliorer la qualité de l’air. Il est important de planter des arbres d’une bonne taille dès le départ, entre autres dans les différents parcs de la Ville et si possible des arbres fruitiers.

Il faut aussi encourager les promoteurs et les propriétaires privés à planter un certain nombre d’arbres selon la superficie de leur propriété. Un plus grand nombre d’arbres pourrait être donné gratuitement par la Ville, des arbres d’essences différentes afin d’assurer une diversité des plantations puisque la présence de plusieurs espèces d’arbres peut réduire le risque face aux parasites.

Il faut souligner que la plantation d’arbres aux abords des rues et sur les terrains des résidences est encouragée mais qu’elle ne compense pas la déforestation et la destruction des milieux naturels des dernières décennies. Toutefois, la plantation d’arbres aux abords des rues peut avoir l’effet bénéfique de réduire la vitesse des voitures.

Par ailleurs, la situation des terrains de golf est présentement très préoccupante. Des promoteurs sont en attente d’un changement de zonage pour réaliser des projets résidentiels. On souhaite que la Ville protège le zonage actuel. Si les exploitants ne souhaitent plus opérer l’activité golf, on suggère à la Ville d’acquérir les superficies et de regénérer des milieux naturels et ainsi augmenter notre superficie boisée.

L’aménagement de toits verts est aussi suggéré puisqu’ils contribueraient également à la diminution des Îlots de chaleur.

Problématique du projet de loi 122 *

Le Gouvernement du Québec envisage présentement l’adoption du projet de loi 122 qui attribuera plus d’autonomie aux municipalités et leur offrira la possibilité de retirer aux citoyens le recours à des référendums lors de changements de zonage. Ainsi, les citoyens pourraient être victimes des changements de zonage pour permettre l’implantation de projets nuisibles à l’environnement, à la quiétude des citoyens ou à la valeur de leurs propriétés.

Pour le maintien des zonages et la sauvegarde du pouvoir citoyen, on estime important de s’opposer à ce changement législatif. Le référendum est souvent le seul moyen pour les citoyens d’empêcher des projets qui ne répondent pas à leurs besoins. Il sera donc important de militer contre le projet de loi 122.

(* La loi 122 a été adoptée, par le Gouvernement du Québec, le 15 juin 2017.)

Plaine inondable

On ne devrait plus construire dans la plaine inondable 0-100 ans. On devrait même offrir aux gens une aide financière pour se relocaliser. En 2011, nous avons raté une occasion historique de relocaliser les sinistrés qui l'auraient souhaité. Au pire, on pourrait permettre la construction mais uniquement sur pilotis, comme à Cape Hatteras en Caroline du Nord.

Jardins communautaires

On souhaite que la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu supporte davantage les projets de jardins et de cuisines communautaires. Ce type de projet contribue à rapprocher les citoyens. En tenant compte de la capacité des bâtisses et des normes de sécurité, on pourrait aussi favoriser des jardins collectifs sur le toit des immeubles.

La Ville pourrait également permettre un projet pilote de poules pondeuses en milieux urbains.

Cimetière écologique

On propose l’aménagement d’un cimetière public écologique où les arbres remplaceraient les pierres tombales. Moyennant un frais, les citoyens pourraient faire le choix d’une urne écologique. Ceci permettrait de protéger à perpétuité une zone boisée.

Protection de la rivière Richelieu

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a un rôle important à jouer sur la qualité de l’eau de la rivière Richelieu et doit en revoir la gestion. En passant à Saint-Jean-sur-Richelieu, la qualité de l’eau de la rivière Richelieu passe de bonne à passable et continue à se dégrader après l’embouchure de la rivière L’Acadie.

La Ville doit effectuer une meilleure gestion de ses eaux usées et diminuer le nombre de rejets directement dans la rivière. Des bassins de rétention peuvent être aménagés. À plusieurs endroits dans la ville, nos égouts pluviaux et sanitaires doivent être séparés. La Ville doit aussi aider les citoyens à vérifier que leurs eaux pluviales ne se déversent pas dans les égouts sanitaires.

Prochainement, la Ville devra également faire face au problème de la carpe asiatique qui est à nos portes.

Protection de la nappe phréatique de la rivière L’Acadie

Les activités du champ de tirs à L’Acadie créent beaucoup de pollution sonore mais amène aussi une problématique de contamination au niveau des sols. La Ville doit s’assurer que cette pollution aux sols ne contamine pas les puits artésiens des citoyens environnants.

La nappe phréatique de la rivière L’Acadie est probablement celle qui est la plus exposée à la pollution en provenance de la surface. Afin de rassurer les résidents et que le Ministère de l’environnement analyse les sols, la Ville devrait préalablement identifier le site comme potentiellement contaminé. Jusqu’à maintenant, la Ville a refusé de le faire.

Les coups de feu créent également de la poussière qui pollue l’air.

Organisation des transports

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu est aménagée pour les voitures, ne tient pas suffisamment compte des piétons et n’est pas du tout sécuritaire pour les cyclistes. La ville devrait se doter d'une politique sur les déplacements actifs.

De façon générale, le transport actif devrait être grandement favorisé par l’amélioration du réseau de pistes cyclables de la ville. Il faut garder à l’esprit que le vélo n’est pas seulement utilisé à des fins récréatives. Il faudrait penser le réseau de pistes cyclables dans une vision globale afin de relier des pôles d’intérêts entre eux.

On souhaite que le centre-ville soit aménagé en fonction des piétons et que l’accès par le transport en commun soit favorisé.

Le viaduc Pierre-Caisse est très dangereux pour les cyclistes qui ne peuvent pas, en principe, rouler sur les trottoirs. Les cyclistes et les piétons ne peuvent pas circuler de façon sécuritaire sur les boulevards Saint-Luc et Pierre-Caisse.

En améliorant l’offre de transport collectif urbain et en encourageant des projets de voitures communautaires, tel Communauto, la Ville pourrait accepter des projets résidentiels avec une plus grande densification et un nombre réduit de cases de stationnement.

Si on améliorait les infrastructures pour le transport en commun et le transport actif, nous pourrions réduire l’espace que l’on réserve aux voitures et augmenter la végétation. De plus, lors de grands événements, il faut prévoir du transport en commun supplémentaire, ou un service de navettes performant, à partir du stationnement incitatif.

On souhaite aussi l’aménagement d’un stationnement incitatif à Iberville.

Compostage et matières recyclables

La date limite pour que les municipalités du Québec mettent en place une collecte des matières compostables, qui était jadis à 2018, vient d’être repoussée à 2022.

Un projet pilote de collecte de matières compostables, via un bac brun, est présentement en place à Saint-Jean-sur-Richelieu. La Ville doit étendre ce projet à tout son territoire et doit également encourager le compostage domestique.

Comme il n’est pas toujours facile de ramasser toutes les feuilles mortes avant l’arrivée de l’hiver, on suggère aussi l’ajout d’une autre cueillette au printemps.

Le code du bâtiment impose présentement l’obligation d’installer une toilette conventionnelle. Toutefois, des toilettes à déchets compostables existent maintenant. Cette technique permet de cesser l’utilisation et le souillage de l’eau potable.

Entreposage extérieur

L’entreprise 2M Ressources effectue un travail important pour valoriser la récupération du verre. On doit toutefois les aider à améliorer leurs processus et interdire l’entreposage extérieur qui occasionne de graves irritants aux résidants avoisinants.

Autres pollutions

La pollution par le bruit est importante à Saint-Jean-sur-Richelieu. L’autoroute 35, le champ de tirs à L’Acadie et l’aéroport, notamment à cause des hélicoptères, les motocyclettes et les automobiles avec système d'échappement modifié sont des sources de pollution sonore importantes.

La ville de Saint-Jean-sur-Richelieu contribue aussi à la pollution lumineuse et fait piètre figure en la matière. En arrivant à Saint-Jean- sur-Richelieu, on voit très bien le nuage lumineux.

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu devrait aussi mieux contrôler l’utilisation des pesticides sur les gazons. Il serait important d’utiliser différents types de végétation afin de garnir les terrains de la municipalité.